Licenciements dans le jeu vidéo : 2025 n’a pas guéri la blessure, elle l’a déplacée


On espérait que 2025 soit le fond du cycle. Après les 14 000 suppressions de postes de 2024, la promesse implicite était que la correction était faite, l’industrie assainie, et qu’on pourrait repartir sur des bases saines. C’était naïf.

Selon un sondage mené auprès de 3 000 développeurs avant la GDC 2025, 11 % d’entre eux ont été licenciés au cours des douze derniers mois — soit 4 points de plus que l’année précédente. Près de 30 % rapportent avoir vu des collègues perdre leur emploi. 4 % travaillaient dans un studio qui a fermé ses portes.

Ces chiffres coexistent avec une réalité paradoxale : 2025 a été une année exceptionnelle pour les jeux vidéo. Clair Obscur, Hollow Knight : Silksong, la Nintendo Switch 2, plusieurs RPGs de premier plan — le catalogue était dense, enthousiasmant, parfois bouleversant. Les joueurs ont été gâtés. Les développeurs, souvent moins.

Ce paradoxe n’est pas un accident. Il est structurel. Les studios qui ont survécu aux vagues de licenciements ont livré des jeux remarquables — précisément parce que la pression avait éliminé les projets les plus fragiles. La création artistique s’est intensifiée pendant que les conditions de travail se dégradaient dans une partie de l’industrie.

Ce que le sondage révèle aussi : les développeurs juniors absorbent la majorité des chocs. Les seniors restent. Les nouveaux entrants partent — ou ne trouvent pas d’emploi pour commencer. Ce n’est pas seulement une crise économique. C’est une crise de renouvellement des générations dans un secteur qui a besoin de sang neuf pour continuer à innover.

Le cycle n’est pas terminé. Il s’est simplement adapté.


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