Plusieurs grands éditeurs ont communiqué sur leur utilisation de l’IA générative dans leur pipeline de développement. EA, Ubisoft, Microsoft — tous y voient un levier d’efficacité. Les usages concrets mentionnés : génération de textures, doublage de personnages secondaires, tests automatisés, aide à l’écriture de dialogues.
La réaction des développeurs est, sans surprise, mitigée. Les syndicats du secteur (notamment IGDA aux États-Unis) ont commencé à inclure des clauses sur l’IA dans leurs négociations. Les grèves des acteurs et scénaristes hollywoodiens en 2023 ont tracé un chemin que le secteur gaming regarde de près.
La vérité inconfortable est que l’IA va effectivement déplacer certains emplois. Les character artists qui faisaient des textures répétitives, les voice actors pour les PNJ sans importance, certains QA testers — ces postes sont vulnérables. Prétendre le contraire serait malhonnête.
Mais l’IA ne remplace pas la direction artistique, le game design narratif, la conception de mécaniques profondes, l’écriture de personnages. Elle accélère certaines tâches. Et comme tous les outils d’accélération dans l’histoire de la production culturelle, la question n’est pas “est-ce qu’elle existe” mais “qui en bénéficie” — les développeurs ou uniquement les actionnaires ?
Pour l’instant, la réponse penchée du mauvais côté.
Né avec une manette dans les mains et du Yoko Shimomura dans les écouteurs, Excalibur a fait ses armes chez plusieurs éditeurs du secteur du jeu vidéo où il a pu observer de nombreuses situations qui étonneraient les joueurs. Désormais, il commente l’actualité de l’industrie en essayant de construire un pont entre les professionnels et les joueurs, pour que chacun puisse mieux se comprendre.


