Hideaki Itsuno a attendu douze ans pour faire cette suite. On le sent. Dragon’s Dogma 2 est un jeu fait par quelqu’un qui avait des choses précises à dire sur ce qu’un monde ouvert peut être, et qui a eu assez de temps pour les dire clairement.
A-RPG
Genre
Suite
Type
Capcom
Éditeur
Capcom
Studio
PC, PS5, Xbox
Plateformes
2024
Année
La première chose à comprendre sur Dragon’s Dogma 2, c’est qu’il ne ressemble à aucun autre jeu en monde ouvert contemporain. Pas de marqueurs de quête omniprésents. Pas de GPS intrusif. Pas d’icônes partout. Vous êtes lâchés dans un monde et vous devez vous orienter par vous-mêmes — en lisant le paysage, en parlant aux habitants, en faisant confiance à votre sens de l’observation.
C’est déroutant. Parfois frustrant. Et profondément satisfaisant quand ça fonctionne.
Le système des Pions — ces compagnons IA échangeables entre joueurs en ligne — reste l’idée la plus originale de la franchise. Vos Pions apprennent de vos décisions, mémorisent l’emplacement des ennemis et des objets, et développent des spécialisations au fil du temps. Prêtés à d’autres joueurs, ils reviennent avec des connaissances acquises dans d’autres parties. C’est un multijoueur asynchrone qui crée des liens sans jamais briser l’immersion solitaire de l’aventure.
Le combat est viscéral, physique, satisfaisant. Escalader un griffon en plein vol pour lui planter une épée dans le crâne reste l’une des sensations les plus jouissives de l’année.
Dragon’s Dogma 2 n’est pas parfait. Les performances techniques sur consoles ont posé problème au lancement (depuis partiellement corrigées). La ville principale de Vernworth souffre de chutes de framerate pénibles. Et certains systèmes — notamment l’économie des auberges — semblent avoir été conçus autour de microtransactions qui ont finalement été retirées ou limitées, laissant des cicatrices de game design visibles.
Mais aucun de ces défauts ne ruine ce qu’Itsuno a construit : un monde ouvert qui traite le joueur comme un adulte, qui assume ses convictions, qui n’a pas peur de l’inconfort. Dans un paysage saturé d’open worlds formatés et rassasiants, c’est une denrée rare.

17/20
Dragon’s Dogma reste un OVNI. Alors qu’on n’a toujours pas vu son pendant Online sortir de la Chine pour arriver chez nous, on aura au moins pu avoir une suite qui était attendue depuis des années. Dommage que les chutes de framerate gâchent partiellement l’expérience, mais le pari reste malgré tout réussi d’un point de vue game design.
Né avec une manette dans les mains et du Yoko Shimomura dans les écouteurs, Excalibur a fait ses armes chez plusieurs éditeurs du secteur du jeu vidéo où il a pu observer de nombreuses situations qui étonneraient les joueurs. Désormais, il commente l’actualité de l’industrie en essayant de construire un pont entre les professionnels et les joueurs, pour que chacun puisse mieux se comprendre.

