Ubisoft : la chute d’un empire


Le 21 janvier 2026, Ubisoft a annoncé ce que beaucoup pressentaient depuis des mois : une restructuration profonde en cinq “Creative Houses”, chacune dédiée à un segment précis du marché, chacune dotée d’une autonomie éditoriale complète. Et avec cette annonce, une liste de dommages collatéraux.

Six jeux annulés. Dont le remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps — un projet qui avait déjà connu tant de reports, tant de changements d’équipes, tant de rumeurs contradictoires, qu’il semblait condamné depuis longtemps. Sa mort officielle a quand même produit un pincement : parce que Les Sables du Temps (2003) reste l’un des meilleurs jeux d’action-aventure jamais faits, et que son remake méritait mieux que d’être enterré par communiqué.

Deux studios fermés : Halifax et Stockholm. Des dizaines d’employés dont on ignore encore le sort exact — Ubisoft n’a pas communiqué de chiffre précis, ce qui est une manière cynique de gérer les questions.

Les cinq Creative Houses reflètent une tentative de retrouver de la clarté après des années de stratégie diffuse. La première, Vantage Studios, est dédiée aux franchises à grande échelle : Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six. Les quatre autres couvrent des segments allant du multijoueur social au jeu d’action narrative.

Ce qu’on peut lire entre les lignes : Ubisoft renonce à l’idée d’être partout en même temps. Après des années à tenter de répondre à chaque tendance du marché — battle royale, jeu live, NFTs, open worlds, battle pass, abonnements — la direction reconnaît implicitement que la dilution a été fatale. On recentre. On coupe. On espère.

Mais la confiance se reconstruit lentement. Et les joueurs qui ont vu Skull and Bones, XDefiant, Star Wars Outlaws décevoir à la suite regarderont les prochaines annonces Ubisoft avec un scepticisme qui n’est pas injustifié. Les maisons créatives ne valent que par ce qu’elles produisent. Rendez-vous dans deux ans.


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